INTERVIEW EXCLUSIVE DE VOLKANIKO, LE DIGITAL AU COEUR DE LA MUSIQUE Inbound marketing

INTERVIEW EXCLUSIVE DE VOLKANIKO, LE DIGITAL AU COEUR DE LA MUSIQUE

Article du 26 novembre 2014 11:00 par

Interview exclusive de Volkaniko, le digital au coeur de la musique

Rencontre avec Volkaniko, un musicien 3.0 qui échange avec ses fans, édite et distribue une musique cross-canal. Un modèle émergent où le digital est au coeur de la musique.

Volkaniko est un artiste atypique. Il vit à Londres et compose une musique électronique inspirée d’univers esthétiques comme le cinéma, la peinture ou encore la consommation.

Volkaniko, parle-nous de ton univers et de ceux que tu exprimes par ta musique.

Mes premières inspirations sont les films et les musiques de film. La science-fiction, les thrillers psychologiques et les films historiques.
J’aime donner une atmosphère cinématographique qui alterne entre imaginaire et réalité brute. J’aime les atmosphères sombres ou ambiguës, empreintes de mystère.

Ma musique raconte une histoire mais l’absence de texte me permet de donner la liberté à l’auditeur d’imaginer sa propre narration.

A qui s’adresse ta musique ? Cherches-tu à savoir à qui elle plaît ?

Je n’ai pas d’idée préconçue concernant les personnes à qui ma musique peut plaire. Au contraire, comme j’écoute moi-même des styles et des cultures très différents, je suis assez réfractaire aux étiquettes.

Je n’ai pas de public « cible » comme on dit dans le langage commercial!

Par contre, les retours que j’ai eu de personnes qui ont ecouté et apprécié ma musique et qui me disent pourquoi elle leur a plu m’intéressent beaucoup. J’aime savoir de quel univers ils/elles viennent et comment ma musique se raccorde à leur monde.

Tu as mis du temps à dénicher certains des instruments que tu utilises parce que ce sont des instruments rares. Peux-tu nous en parler et nous dire quelle est la part « savante » de ta musique.

Mon premier synthé a été le Kurzweil K2600. Il n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de « rare » (comme les premiers instruments analogiques qui ne sont plus fabriqués aujourd’hui) mais il n’y avait pas beaucoup d’endroits où on pouvait le trouver. Il est très singulier dans sa palette sonore et la richesse de ses filtres & algorithmes. Ce n’est certainement pas le synthé facile à aborder pour un premier synthé (comme ce que procurent certaines autres marques aujourd’hui). Il faut une dose de courage pour s’y aventurer. Mais c’est aussi ce qui m’a attiré, car il offre la possibilité de fabriquer une palette sonore plus personnelle.

Je suis évidemment très fan d’autres modèles ainsi que des reconstitutions virtuelles de vieux synthés analogiques tels le ARP2600 ou le moog modular reconstitués par la firme Arturia.

On y retrouve une approche authentique du son (sans pré-enregistrement ou « preset ») sans avoir besoin du déploiement matériel et logistique que seuls les grands studios peuvent se permettre.
Sur le côté savant, ayant depuis tout jeune une passion pour les mathématiques, j’ai toujours pour projet d’écrire dans mon blog sur les relations entre mathématiques et musique. La physique du son et les mathématiques de l’harmonie illustrent une très belle relation entre art et science.
http://www.volkaniko.com/blog

Sur quels canaux vends-tu ta musique ? Quelle est ta stratégie e-commerce ?

Mes albums sont disponibles principalement sur iTunes et Amazon. Je ne me disperse pas sur les plateformes car de toute façon, les gens vont rarement consulter de la musique sur un site qu’ils ne connaissent pas. Difficile donc d’échapper aux grandes plateformes et de développer un canal de distribution indépendant!
Mais ça évolue déjà beaucoup. Il y a quelques années, il était impossible pour un artiste indépendant de distribuer sa musique sans avoir à référer à un label ou à un grand distributeur. Je suis très chanceux de vivre dans une ère où c’est possible.

Pourquoi ne pas rechercher la signature d’un label ?

Je ne recherche pas pro-activement de signature mais je suis ouvert aux propositions qui pourraient me permettre de distribuer et de produire en concert ma musique auprès d’un plublic plus large.
L’avantage d’être indépendant est d’avoir une grande liberté au niveau des choix artistiques, que ce soit au niveau de la veine musicale ou des clips. Je n’ai de compte à rendre a personne!

Proposes-tu certains morceaux en téléchargement gratuit ? Et pourquoi ?

Jusqu’à tout récemment, mes albums étaient en écoute libre intégrale sur mon site. Aujourd’hui il y en a des extraits.
Je pense qu’avec le développement de la musique en streaming, proposer un téléchargement gratuit n’a plus de sens car le coût du streaming étant très faible, la musique est de facto quasi-gratuite sur internet.

Sous quel format as-tu édité ta musique ? Pourquoi avoir choisi d’éditer des CD ?

Mon album est disponible en téléchargement et en CD. Je suis encore très fan du support physique. La pochette d’un album est pour moi partie intégrante d’une oeuvre et j’ai toujours été sensible à l’aspect visuel qu’un artiste associe à sa musique. L’univers des Pink Floyd serait incomplet sans leurs mises en scène visuelles!
Je pense aussi qu’avec la virtualisation extrême (musique, films etc), il y a une prise de conscience que la tendance au tout-virtuel a des limites. Beaucoup de personnes ont encore besoin du contact physique avec un objet d’art, que ce soit un livre, une peinture ou une musique, et c’est une bonne chose!

Sors-tu des EP ou des morceaux isolés pour tes fans ou bien restes-tu sur le rythme plus lent des albums ? Pourquoi ?

Je garde une approche « album ». J’ai composé quelques morceaux isolés mais je les mets de côté en attendant de les intégrer dans un album où ils trouveraient leur contexte, ou bien de les jouer en live.
Composer un album est vraiment ce que je préfère.

J’aime développer une cohérence entre des morceaux qui correspondent à un état d’esprit, une humeur ou une histoire que je veux raconter. C’est dans ce format que je trouve le plus de sens à la composition.

Pourquoi avoir choisi de publier un blog ?

Comme ma musique ne comporte pas de texte, j’utilise mon blog pour présenter ma musique sous un autre angle. Cela me permet aussi de présenter mon approche de la composition, de dévoiler l’histoire et les reflexions derrière ma musique.

Un des thèmes que je souhaite développer est une présentation plus structurée de l’approche technique du son et de la composition. Je souhaite trouver un équilibre entre une approche accessible à toute personne, sans tomber dans l’aspect geek et entrer trop dans la technique. Je garde l’angle artistique, tout en révélant des éléments qui peuvent servir d’introduction à des personnes souhaitant se lancer dans la composition et la production.

Tu produis aussi des contenus autour de ton univers musical, comme des vidéos, des animations 3D. Quel rôle donnes-tu à l’image dans ton travail?

Le cinéma est une des mes principales source d’inspiration. Il était donc naturel de produire un prolongement visuel à ma musique.

J’ai eu assez vite un concept en tête pour chaque clip que j’ai produit.

Ce travail d’image permet aussi de sortir de l’isolement du studio pour produire une oeuvre plus collective, rencontrer des artistes d’univers différents. Il y avait une bonne vingtaine de personnes dans l’équipe du dernier clip et l’expérience du tournage m’a passionné. Cela m’a encouragé à poursuivre dans cette direction.

Le clip sortira dans les prochaines semaines sur mon site.

www.volkaniko.com

Comment utilises-tu les réseaux sociaux et dans quel but ?
Développer une communauté ? Vendre des albums ?

J’ai naturellement créé une page facebook. C’est une plateforme très utile pour pouvoir interagir avec les gens qui s’intéressent à mon travail.

Par nature, je n’ai pas de tempérament à publier quelque chose tous les jours. J’aime travailler mes albums et mes univers sur la durée. La composition demande du temps et je trouve que le rythme des réseaux sociaux est en contradiction avec ce temps de création. C’est un environnement où il faut toujours avoir quelque chose à dire! (rire) Or en musique c’est différent. Je ne peux certainement pas publier une nouvelle musique toutes les semaines! Mais j’essaie de m’organiser pour être plus disponible sur ces réseaux.

Quel est l’univers du prochain album ?

L’album que je compose actuellement est plus expérimental et abstrait. Mon intention est que l’écoute de cet album donne l’impression d’observer une peinture de Pierre Soulages. Un univers sombre, où je travaille sur les reflets du son.
J’ai aussi des maquettes pour les albums suivants.

Quels sont tes projets ?

Je me concentre a présent sur la composition de mes deux prochains albums. Les autres projets seront liés à ces nouvelles musiques.

J’ai beaucoup d’idées de concepts pour développer le live mais je n’ai pas encore la logistique et le temps pour m’y investir plus. Mais c’est un projet qui m’est très cher. Les projets de clips sont toujours là et seront liés aux nouveaux albums.

Es-tu d’accord avec cette devise : « you have to give to get »

Je suis en partie d’accord. Se donner a son public, oui! Donner aux grands groupes qui exploitent les musiciens, non!
En ce qui concerne la musique, il faut certainement donner à son public, et s’investir à produire le meilleur, mais sans compromis artistique.

Je ne compose pas de la musique pour plaire à un certain public ou répondre à des attentes. Cet état d’esprit est fondamental pour garder sa liberté. Il ne faut donc rien attendre en retour et la réaction est ce qu’elle est. A partir du moment où l’on est sincère dans son approche artistique, il n’y a rien à regretter quant au succès ou non d’un album.
Bien sûr, je suis très reconnaissant et attentif envers le public qui montre un intérêt et cherche à comprendre ma musique.

C’est aussi cela qui donne beaucoup de sens à tout projet artistique.

www.volkaniko.com

Albums de Volkaniko sur iTunes

Albums de Volkaniko sur Amazon

Rédigé par Philippa Launay

Fondatrice et CEO de Zuma Paris et Présidente de la Fédération Inbound Marketing France. Je suis passionnée de marketing intelligence et d’inbound marketing, j’ai à coeur de partager les insights et les problématiques de notre contexte media en perpétuelle mutation.

Vous pouvez me suivre sur twitter @philippalaunay

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